Le vrai du faux plastique recyclé

Un citoyen vertueux trie ses déchets et notamment le plastique qui a sa poubelle dédiée. Cependant, est-ce vraiment efficace ? La gestion des déchets plastique représente un enjeu colossal qui est loin d’être réglé. C’est d’autant plus vrai en France où seulement 22 % des déchets plastique sont recyclés, contre 31 % pour la moyenne européenne.

Des chiffres plus que préoccupants

Le plastique est partout et sa production a explosé au cours des cinquante dernières années. Chaque année, ce sont trois cents millions de tonnes, dont plus de soixante en Europe qui sont produites.

D’après les chiffres de 2015, chaque Français consomme annuellement une moyenne de 68 % de plastique, contre 63 en Europe et 40 dans le monde. Seulement un quart de ce plastique est recyclé, le reste se retrouve dans la nature ou dans les océans.

9 à 14 % sont recyclés ou incinérés. Ils peuvent être transformés en énergie, mais les résidus de la combustion sont intraitables. Sur les derniers 14 % restant, 4 % sont encore perdus en cours de route et 8 % sont recyclés en circuit ouvert. Le circuit ouvert implique que l’objet fabriqué par le recyclage, ne peut être lui-même recyclé. Par exemple, les vêtements issus du recyclage sont ensuite intraitables, à cause des différents additifs, contaminants et colorants impliqués dans leur fabrication.

2 % seulement de plastique recyclé en circuit fermé

Au final, seuls 2 % des plastiques recyclés le sont en circuit fermé : l’objet issu de ce processus sera à son tour recyclable.

Il faut aussi compter avec l’énergie dépensée pour recycler le plastique. Une fois collectés depuis votre bac personnel, les déchets sont acheminés vers les usines de recyclage, puis triés, décontaminés, repolymérisés.

Les bouteilles plastique qui sont en PET – polyéthylène téréphtalate – font partie des déchets recyclés en circuit fermé et réutilisés pour un usage identique. Cependant, il faut compter que seule une bouteille sur deux est recyclée et que moins de 10 % redeviendront bouteille, à cause des problèmes de contamination, mais aussi des difficultés technologiques, car le recyclage peut modifier les propriétés physiques du polymère vierge.

Dans la pratique, seuls 5 % des plastiques usagés sont recyclés.

Enfin, l’obstacle du recyclage plastique prend en compte la perte. Le plastique recyclé doit être mélangé avec du neuf, contrairement au verre ou certains métaux par exemple qui se recyclent à l’infini, sans perte.

Les paradoxes du recyclage du plastique

Le recyclage du plastique crée une nouvelle économie qui consomme beaucoup d’énergie, mais sans réduire la production originelle. On crée des emplois et de la richesse, mais on ne résout à aucun moment le problème.

Il faut aussi prendre en compte la logistique qui consiste à envoyer par cargos géants les déchets plastique se faire traiter dans les pays asiatiques. Il faut donc ajouter l’empreinte carbone monumentale de ces cargos, puis la pollution générée par ces déchets dans de lointains pays pauvres. Trier ses déchets est donc indispensable, mais pas suffisant.

Quelles sont les solutions ?

Le consommateur doit bien sûr continuer à trier ses déchets, mais doit surtout éviter d’encourager les fabricants à continuer cette débauche d’emballages et de suremballages.

La tendance à la baisse des emballages plastique observée dans les grandes surfaces est légèrement perceptible, à défaut d’être spectaculaire, mais elle semble aller dans le bon sens. L’interdiction -partielle seulement – des sacs plastique a déjà fait évoluer les mentalités, mais il faut aller plus loin.

Chacun a pris l’habitude de venir avec son gros sac à provisions qui est réutilisable pendant des années. Pensez également aux sacs en toile pour les fruits et légumes qui représentent une excellente alternative aux sacs plastiques. Vous les passez de temps en temps à la machine et ils sont réutilisables très longtemps.

L’idéal est aussi de bannir tous les objets à usage unique et tous les emballages inutiles. La mode des machines à café à capsules est incompréhensible. Certaines capsules contiennent du plastique et de l’aluminium, auxquels s’ajoute l’emballage dans un sachet plastique qui n’est pas recyclable. En revanche, les dosettes souples vont directement dans le compost, tout comme les filtres des cafetières traditionnelles. Les bouteilles d’eau ne sont pas non plus indispensables.

Les cosmétiques classiques sont souvent des aberrations avec de petits contenants, non recyclables, emballés eux-mêmes d’un suremballage plastique. Préférez les cosmétiques bio qui utilisent des emballages biodégradables et/ou recyclables.

Pour commencer à réduire le plastique, chaque citoyen doit repenser sa consommation au quotidien et ne pas attendre que les gouvernements interviennent. L’écologie fait pour eux partie de la politique – et des voix dans les urnes – et non d’un projet pour la planète. Il revient au consommateur de se détourner des produits nocifs pour l’environnement ; si leurs ventes baissent, les fabricants changeront d’attitude.

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